Longtemps perçu comme une profession traditionnelle, le métier de commissaire aux comptes connaît aujourd’hui une transformation profonde. Entre évolutions législatives, explosion des données numériques, outils d’analyse avancés, émergence de l’intelligence artificielle et exigences croissantes de transparence, le commissaire aux comptes doit repenser ses méthodes, ses compétences et son rôle. Loin d’affaiblir la profession, cette mutation ouvre au contraire de nouvelles opportunités, à condition d’embrasser pleinement la digitalisation. Découvrez les nouveautés législatives et numériques qui impactent la profession de commissaire aux comptes, ainsi que ses nouveaux enjeux à l’ère du digital.

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Quelles sont les lois qui ont impacté la profession de commissaire aux comptes ?

 

Les récentes réformes législatives et réglementaires ont entraîné un véritable bouleversement pour les commissaires aux comptes (CAC). Elles redéfinissent à la fois le périmètre d’intervention, les missions possibles et les compétences attendues.

 

La loi Pacte : une réduction du périmètre et un re-positionnement stratégique

La loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (dite loi Pacte) a marqué un tournant majeur pour les CAC. En relevant les seuils d’audit légal, elle a conduit à une diminution significative du nombre de sociétés obligées de nommer un commissaire.

Pour rappel, les seuils ont été augmentés de 20 %. Dorénavant, la nomination d’un commissaire aux comptes est obligatoire dès lors qu’une entreprise dépasse deux des trois seuils suivants :

  • 10 millions d’euros de chiffre d’affaires ;
  • 5 millions d’euros de bilan ;
  • 50 salariés.

Ces nouveaux plafonds ont permis de réduire les charges des PME, mais ils ont également eu des conséquences pour les CAC. À savoir :

  • une baisse mécanique du volume de mandats (de 229 457 à 218 547 mandats entre 2022 et 2023 selon le baromètre 2025 de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes) ;
  • la nécessité de diversifier leurs missions (audit contractuel, audit de conformité, audit RSE, etc.) : 69 % des commissaires aux comptes réalisent des missions complémentaires ;
  • la montée en compétence sur les outils digitaux pour proposer de nouvelles prestations à forte valeur ajoutée.

La loi Pacte a agi comme un accélérateur de transformation : moins de volume, mais plus d’exigences, de technicité et de digitalisation.

 

La directive CSRD : l’audit de durabilité, un nouveau terrain à maîtriser

Autre texte essentiel : la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), transposée en 2023.

Elle impose un reporting extra-financier beaucoup plus structuré et standardisé, couvrant :

  • les données environnementales ;
  • les indicateurs sociaux et sociétaux ;
  • les enjeux de gouvernance.

Ce sont environ 5 000 entreprises qui sont concernées par la CSRD.

Et surtout, elle positionne les commissaires aux comptes au centre de la certification des rapports de durabilité.

Bon à savoir : les CAC doivent suivre une formation spécifique pour obtenir le certificat de durabilité.

Le CAC devient le garant de la fiabilité des données ESG (impact environnemental, responsabilité sociétale et gouvernance d’entreprise). Ce nouveau domaine, très orienté data, demande :

  • une maîtrise des plateformes de reporting RSE ;
  • une capacité à analyser des jeux de données volumineux ;
  • une compréhension fine des référentiels de durabilité européens.

Par ailleurs, les audits intègrent dorénavant l’évaluation des risques numériques.

 

Quelles sont les évolutions digitales qui bouleversent les commissaires aux comptes ?

La digitalisation n’est pas un simple changement d’outils : elle transforme la méthodologie de l’audit.

La numérisation de la comptabilité et le FEC

La digitalisation de la comptabilité transforme en profondeur la profession de commissaire aux comptes. Par ailleurs, la facturation électronique deviendra également la norme entre 2026 et 2027.

La numérisation des processus permet de réduire les erreurs humaines grâce aux automatisations. De ce fait, les CAC peuvent davantage se concentrer sur des analyses à forte valeur ajoutée.

À titre d’exemple, l’usage de intelligence artificielle (IA) permet de :

  • détecter automatiquement les anomalies ;
  • rechercher des passifs non enregistrés ;
  • analyser les risques.

À noter : la CNCC a lancé Sidoni Assist, une IA générative aux services des commissaires aux comptes.

 

Quant au fichier des écritures comptables (FEC), il est désormais un incontournable de toute mission d’audit. Ce fichier normé permet notamment de :

  • déterminer le plan d’audit ;
  • analyser l’ensemble des écritures comptables ;
  • mener des recherches sur des anomalies ou incohérences ;
  • calculer des indicateurs de gestion.

La digitalisation améliore à la fois l’efficacité et la qualité des missions. Ce n’est plus une option, mais un standard.

 

Les plateformes en ligne : transparence, collaboration et fluidité

 

Les nouvelles solutions digitales transforment la relation entre le CAC, ses clients et les autres professionnels du droit et du chiffre.

À titre d’exemple, les plateformes collaboratives en ligne offrent la possibilité d’ :

  • envoyer des documents de manière sécurisée ;
  • suivre l’avancement d’un dossier en temps réel ;
  • récupérer les rapports et les signer électroniquement.

 

Ces outils permettent une collaboration plus étroite entre votre entreprise et son commissaire aux comptes.

En effet, cette digitalisation fluidifie les échanges et renforce la transparence, un enjeu majeur pour cette profession réglementée.

Bon à savoir : Le cabinet Exentys a développé une plateforme digitale 100 % sécurisée afin de vous proposer une meilleure collaboration avec des échanges sécurisés et des données mieux exploitées.

Quels sont les nouveaux enjeux des commissaires aux comptes à l’ère du digital ?

La transformation digitale offre d’importantes opportunités, mais elle soulève aussi des défis : compétences, sécurité, éthique, adaptation au changement, etc.

Les impacts de la digitalisation

La digitalisation transforme en profondeur les méthodes de travail du CAC. Il doit désormais avoir des compétences numériques pour pouvoir garantir la fiabilité et la sécurité des données financières des entreprises.

L’utilisation d’un logiciel fait baisser de 52 % les pertes financières et de 58 % la durée des fraudes (selon le rapport Report to the Nation 2018 de l’organisation mondiale des professionnels de la lutte contre la fraude).

Grâce à ces outils, les CAC peuvent collecter et analyser une plus grande quantité de données avec précision. Ils ont ainsi une compréhension plus fine des risques et des opportunités de votre secteur d’activité.

Avec la digitalisation, les attentes des clients se sont également renforcées. Ils souhaitent des analyses plus approfondies et dans des temps records.

Les CAC ont donc besoin d’outils digitaux performants pour automatiser les tâches répétitives à faible valeur ajoutée (vérification des factures, contrôle de cohérence des états financiers, etc.) pour se concentrer sur l’audit de risques et l’identification des anomalies.

 

À noter : La CNCC a développé SmartFEC, un add-on pour Excel qui analyse les FEC, et cyberAUDIT afin de mesurer l’exposition d’une entreprise au risque numérique.

 

Une adaptation nécessaire

Pour accompagner leur digitalisation, les CAC doivent adapter leurs méthodes en recourant à des logiciels d’analyse avancés et en se formant. Ils ont notamment besoin de :

  • se former aux outils d’analyse de données ;
  • renforcer leurs connaissances en cybersécurité et en protection des données ;
  • comprendre les systèmes d’information ;
  • maîtriser les plateformes de reporting ESG ;
  • intégrer de nouveaux réflexes liés à l’automatisation et à l’utilisation de l’IA.

 

Les cabinets doivent également investir dans des logiciels avancés d’audit, des outils collaboratifs et des solutions de sécurité renforcée.

Cette mutation implique un changement culturel profond.

À l’ère de l’IA, l’expertise des CAC est plus que jamais requise pour s’assurer de la fiabilité des informations financières et éviter les dérives technologiques.

Une fois les nouvelles technologies maîtrisées, ils pourront également accompagner leurs clients dans leur propre transformation numérique.

 

La digitalisation de la profession de CAC : un défi éthique

En tant que garant de la fiabilité des informations financières, le commissaire aux comptes doit rester exemplaire.

La digitalisation soulève des questions éthiques et réglementaires pour la profession, telles que la protection des données, le respect de la vie privée, la fiabilité des états financiers générés par l’IA ou encore la sécurité des informations.

À titre d’exemple, les modèles IA génèrent des hallucinations et introduisent des biais. De ce fait, les CAC doivent être en mesure d’évaluer la fiabilité des états financiers générés et des informations fournies.

L’éthique et la responsabilité numérique deviennent un pilier central du métier.

La profession de commissaire aux comptes entre dans une nouvelle ère.

Le digital ne remplace pas les commissaires aux comptes : il transforme leurs méthodes d’audit. Portée par les évolutions législatives, la montée en puissance des données et l’adoption d’outils digitaux performants, la profession évolue. Cette digitalisation, loin d’être une contrainte, permet aux CAC de renforcer la qualité de leurs audits, d’améliorer la transparence et d’apporter davantage de valeur aux entreprises qu’ils accompagnent. L’automatisation intelligente leur permet de se concentrer sur l’analyse des risques et la détection des anomalies. Le métier se réinvente pour répondre à de nouveaux enjeux. Pour cela, ils doivent adopter de nouvelles compétences, sécuriser les processus et conserver l’exigence éthique qui fait la force du métier.

 

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FAQ – Digitalisation et commissaires aux comptes

Quel est le rôle du commissaire aux comptes ?

Le commissaire aux comptes est un auditeur légal chargé de vérifier la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes annuels d’une entreprise. Sa mission vise à garantir la confiance des tiers. Il intervient également sur d’autres missions réglementées : audit des comptes consolidés, commissariat à la transformation, aux apports, à la fusion, etc.

Comment garantir la sécurité des données lors d’un audit numérique contractuel effectué par un CAC ?

La sécurité des données repose sur plusieurs piliers, dont :

  • l’utilisation d’outils conformes et sécurisés (chiffrement des données, authentification à multiples facteurs, stockage certifié, etc.) ;
  • des accès restreints ;
  • la traçabilité des actions ;
  • le choix de solutions d’audit reconnues et mises à jour ;
  • la formation continue des équipes aux cyber risques ;
  • le respect des obligations déontologiques des CAC.

 

La digitalisation va-t-elle remplacer les commissaires aux comptes ?

La digitalisation permet d’automatiser certaines tâches répétitives, mais elle ne remplace pas l’analyse professionnelle, le jugement critique, l’évaluation des risques et la dimension éthique du CAC.

Les outils digitaux renforcent le rôle du CAC en lui permettant de se concentrer sur des analyses de fond et sur l’accompagnement stratégique des entreprises. La technologie devient un levier d’efficacité.

Published On: novembre 25th, 2025 / Categories: Commissariat aux comptes, Contexte économique / Tags: , , /